Le Centre Historique de Jacmel reste au cœur de l’histoire de l’exportation du café en Haïti, depuis le temps où notre pays fut le plus grand exportateur de cette denrée dans le monde. A l’époque, vingt pour cent (20%) de cette exportation passait par l’ancien port de la ville. Ces rues sont ornées de belles maisons « Gingerbread » et surtout d’anciennes structures commerciales avec balcons et arcades, construites pour la plupart au début du 20ème siècle. L’architecture du Quartier Français de la Nouvelle Orléans s’est inspirée de celle de notre Centre Historique.

Aujourd’hui, ce cadre harmonieux sert de théâtre à un patrimoine immatériel tout aussi riche, caractérisé par des fêtes, des festivals et des expositions d’art et d’artisanat qui animent la ville tout au long de l’année.

Le Centre Historique constitue un patrimoine vivant qui trouve une partie de son authenticité dans ce dynamisme associé aux activités et usages dans des lieux urbains et des bâtiments porteurs de mémoire et de culture.

La protection du Centre Historique se distingue donc de la conservation d’un artefact muséal. Elle constitue une action dynamique dont le but est d’assurer un développement harmonieux et durable de la ville dans le respect des valeurs et des éléments patrimoniaux distinctifs afin que les générations actuelles et futures puissent bénéficier de son existence.

Sites d'intérêts
  • L’Ancienne prison, où beaucoup de nos célébrités politiques furent emprisonnées au 19eme et 20eme Siècles parmi lesquelles : Alcius Charmant, Désilus Lamour. Le plus célèbre d’entre elles fut le jeune poète Félix Morisseau Leroy, alors élève au Lycée Pinchinat, qui y fut emprisonné 20 fois en un mois, au début de l’occupation américaine en 1915 pour incitation à la désobéissance civile contre l’occupant.

  • Le Marché en fer, construit en 1895 et importé de Belgique des ateliers de Bruges, don du maire d’alors Alcibiade Pommayrac: un des derniers vestiges de la prospérité de Jacmel avant l’incendie de 1896 qui ravagea la ville.

  • La Maison Bolivar, fait partie des résidences de l’arsenal qui occupait tout le bloc et qui étaient connectées à la vieille prison par un escalier intérieur qui reliait la rue Seymour Pradel et la rue de l’Eglise et qui a été désaffecté dans les années 1980. Midouin Turnier emménagea dans la zone où fut construite la villa « Marly ». La maison en bois à coté de la vieille prison où a logé le Grand Commandant Américain, pendant l’occupation américaine de 1915, appartenait au couple Maglio. Une plaque fut apposée par la société Bolivarienne et l’UNESCO sur la maison ou résida Simon Bolivar en 1816.

  • Construite en 1859, la Cathédrale St Philippe et St Jacques, bénéficia des largesses de l’impératrice Adelina Dérival, femme de l’Empereur Faustin Soulouque, qui fit don d’ustensiles impériaux pour les messes du clergé pré-concordataire de 1860. La chaire et l’autel de la cathédrale furent importés d’Europe. Le 24 décembre 1895 à la messe de minuit, jaillit l’électricité qui fit de Jacmel, la première ville éclairée de la Caraïbe après Paris.

  • La Place d’Armes
    Moreau de St Mery fit l’éloge de la place d’armes comme endroit idéal pour la rencontre des couples coloniaux. L’écho des noms de coins charmants, de bancs aux noms romantiques, de marchandes de friandises, de couples passionnés d’amour et du plaisir de se faire voir continuent à nous hanter : banc des soupirs, allées des lauriers roses, Hôtel de la Patrie. Les pilones électriques venus de la France, lors de la réfection de Paris par le Baron Haussmann, furent achetées par le Député de Jacmel, Alcius Charmant, pour éclairer non seulement la place mais aussi toute la ville en 1896.

  • L’Hôtel de la Place
    Ci-devant connu sous le label PENSION CRAFT, nom évoquant une famille passionnée d’accueillir les touristes d’alors. Adeline Danies, faisait mijoter les bons petits plats, pendant qu’on dégustait un bon rhum punch tout en savourant des croquettes d’arbre véritable à la morue. le Président d’alors Sténio Vincent logea à maintes reprises, à l’hôtel Pension Craft. Et puis, plus tard, Marlene et Eric Danies construisent l’hôtel LA JACMELIENNE, drainant la foule politique des beaux jours de la Pension Craft qui ne recevaient maintenant que les touristes. La pension Craft fut achetée par la famille Raymond, après la rénovation porta le nom Hôtel de la Place.

  • L’Ancien Couvent des Sœurs de Saint Joseph de Cluny, a connu des jours heureux quand toutes les filles de la ville y apprenaient le piano, la couture et la cuisine. Le Brevet de chez les sœurs était réputé pour faire des jeunes filles de vraies reines du foyer. Apres le séisme du 12 janvier 2010 qui a durement endommagé le bâtiment, l’espace fut cédé en 2013 à la Mairie de Jacmel.

  • La Mairie
    Pendant la colonie il y avait une petite chapelle dans cet endroit « la chapelle Saint Roc » et, au 19eme siècle, la chapelle a été rasée pour faire place à l’édifice de la mairie.

  • Le Manoir Alexandra
    Tant de légendes autour de cette enceinte : c’est là que se trouvait la synagogue des Juifs de Jacmel à la fin du 18eme siècle ; devenue propriété du millionnaire juif franco-allemand, Joseph Fraenckel, il en fut son hôtel particulier. Cet hôtel fut vendu à Monsieur Alexandre Vital, consul de France, dans les années 1930. Le poète René Depestre, fixa définitivement dans l’esprit des Jacméliens et des touristes ce haut lieu de la culture et des rencontres intéressantes en faisant le cadre pour son roman HADRIANA DANS TOUS MES REVES, en 1988, qui reçut de nombreux prix littéraires comme les prix Théophraste Renaudot, le Prix Antigone de la ville de Montpellier. Depuis 2003, le Manoir Alexandra appartient au Dr Joseph Léon Paul.

  • Les anciens escaliers/ Rue Trousse cote et Rue Mathurin Lys
    Quand Jacmel voulut connecter le bas de la ville au Bel-air, ses ingénieurs imaginèrent les escaliers qui depuis font partie de notre décor quotidien.

  • La Maison Dougé
    Connue aussi sous le nom de Maison Favart Denis, Hôtel de France a été pendant longtemps la propriété des Dougé . Les héritiers Dougé-Bauduy l’ont louée à la coopération espagnole qui en a fait une réparation qui va permettre à la maison de survivre une bonne centaine d’années de plus.

  • La Maison Cadet
    Construite en style des maisons des grands boulevards parisiens. Maison de commerce où l’on vendait du café, du cacao, du maroderme (plume de moutons) et du safran.

  • Ancienne Alliance Française : maison de l’ancien consul de France, Georges Castera, en 1920 dont la fille, Yvonne Castera a épousé Georges Baptiste. Ils en firent la Pharmacie Castera.

  • Maison Rigaud Cadet : Ancienne résidence de la gouvernante du Gouverneur Jean-Baptiste Ducasse qui dénomma la ville « JACMEL » en 1698. C’est la seule résidence de Jacmel qui date de la fin du 18eme siècle avec La Poudrière et la maison Melcour Poux. Elle a une cave à vin et une cuisine-barbecue datant du 18eme siècle.

  • Maison Melcour Poux : En 1896, lorsque Jacmel fut ravagé par un incendie, Melcour Poux, un juif français qui venait de faire ses premiers 7 millions d’économie dans le commerce Jacmélien distribua sa fortune aux commerçants de la place sous la seule condition: rebâtir la ville quand leurs négoces auront prospérées. Donc, Jacmel a une dette de reconnaissance à Monsieur Poux qui donna l’exemple en construisant la première maison gingerbread en style de la Nouvelle Orléans au coin de la rue du Commerce et depuis, tous les autres bourgeois de la ville firent de même ainsi nous avons bénéficié de la rue du Commerce comme patrimoine mondial et, le World Monument Fund (WMF) organisa en septembre 2012 un Watch Day pour mettre en valeur cet héritage.

  • Maison Vital, ancien consulat de France : aujourd’hui Maison Axelle Liautaud connut des jours extraordinaires de fêtes. Les Jacmeliens d’autrefois savaient comment allier l’utilité des affaires aux moments festives.

  • Maison Boucard : résidence Melcour Poux, construite après l’incendie de 1896 comme exemple de la nouvelle façon du bien vivre Jacmélien entre cours et jardins.

  • La Poudrière : deuxième maison de Jacmel qui date du 18eme siècle après la maison des époux Rigaud Cadet et Maison Melcour Poux. C’était la poudrière coloniale convertie aujourd’hui en église protestante.

  • Maisons de la rue du Commerce
    Jacmel fut le seul port d’Haïti que touchait la British Mail en 1830 pour relier Haïti aux ports européens. La prospérité de Jacmel a permis que les commerçants puissent faire venir de l’Europe des maisons préfabriquées, après l’incendie de 1896 tels que: Hôtel Florita, Maison Baptiste.

  • Petite batterie : A la fin du 17eme siècle, la petite batterie fut construite par le General Magloire Ambroise pour protéger d’un retour éventuel des colons français. , Dans les années 1894-95, c’est là que se trouvait la première usine électrique de la caraïbe qui fonctionnait alors au charbon naturel; aujourd’hui résidence des Frères de l’Instruction Chrétienne.

  • Place Bolivar-Pétion : Place de la Grande Colombie en souvenir de l’aide apportée par Haïti à la libération de l’Amérique espagnole par Bolivar et Pétion fut transformée en place de la douane. actuellement, la place reprend son nom place de la Colombie où fut crée le drapeau de la Grande Colombie, le 12 mars 1806.

  • Le Moulin Price, situé sur l’Habitation Price, est l’un des deux spécimens répertoriés à travers le monde de ce type de moteur à vapeur appliqué à l’industrie sucrière, construite par les entreprises du scientifique anglais Watt.

  • Fort Ogé, situé sur le plateau de Cap Rouge, a été construit en 1805, après l’indépendance et fait partie du plan de défense mis en place par le Général de Brigade, Magloire Ambroise et Jean-Jacques Dessalines, General en Chef de l’Armée Indigène, contre un retour offensif des colons Français.